Lorsque les pèlerins déposaient leur offrande au Temple, ils ne recevaient pas de reçu comme on ferait aujourd'hui. Mais les scribes criaient le montant que les gens déposaient. C’était à la gloire des gens qui mettaient de grosses sommes, mais c’était une humiliation d’autant plus forte pour les pauvres et, dans l’évangile de ce matin, pour cette pauvre veuve.
Jésus retourne la situation et, très concrètement, remet pour chacun les pendules à l’heure, comme Il l’a fait tout au long de sa vie et de ses enseignements. Lorsque le jeune homme riche demanda à Jésus ce qu’il devait faire pour entrer dans la vie, il renonça à appliquer ce que Jésus luidemandait, car il avait de grands biens. Et Jésus de commenter ensuite pour ses disciples :
il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu (Mc 10,25).
Avoir de grands biens n’est pas un handicap imparable qui interdit d’entrer dans le Royaume. L’important est de savoir où, en quoi, en Qui nous attachons de l’importance. Quelle est notre richesse ? Si c’est Dieu, la richesse matérielle peut être une aide pour témoigner de notre foi et faire le bien. Mais si notre richesse, ce sont les biens matériels, alors Jésus nous dit :
Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance.
Puis Jésus nous donne l’exemple du riche dont les terres avaient beaucoup rapporté et qui se dit en lui-même :
Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années : repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi.Et de commenter pour chacun de nous : Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. (Lc 12,15…20)
On pourrait multiplier les occurrences évangéliques sur le sujet. Mais revenons à la pauvre veuve. Jésus fait son éloge. Humiliée par les scribes et les foules qui ont été témoin de sa minuscule obole, Jésus fait son éloge, car elle a tout donné à Dieu, tout ce qu’elle avait pour vivre.
La confiance en la Providence est d’autant plus forte que les gens n’ont pas le nécessaire. Et Dieu fait des merveilles pour ceux qui se fient à Lui. C’est pourquoi l’Église nous a proposé comme première lecture le dialogue entre le prophète Elie et la veuve de Sarepta. Elle a cru en la parle du Prophète, et Dieu a exaucé leur prière à tous deux. La femme, son fils et le prophète purent manger durant la famine sans que la jarre de farine ni que le vase d’huile ne se vident.
À chaque fois, Jésus insiste sur le fait que la foi en Dieu prime sur la richesse. Le bonheur ne nous vient pas de nos possessions matérielles, mais de notre confiance en la Providence. Dieu, aujourd'hui encore, fait des merveilles, dans la mesure où nous Lui faisons confiance. Même si nous ne verrons jamais jarre de farine et vase d’huile qui ne se vident pas, sachons voir dans les éléments concrets de notre vie, dans les inspirations qui quelquefois nous tombent dessus, l’intervention divine. Soyons à l’écoute de Dieu dans notre cœur, et Il nous aidera à régler les soucis de notre vie courante.
Dans cette Eucharistie Jésus nous donne le pain de vie. Comme Élie auprès de la veuve de Sarepta, Jésus nous nourrit, jour après jour, d’un pain venu du ciel. Rendons-lui grâce de recevoir chaque jour ce pain des anges.
Père Bernard-Marie
