Homélie·24 novembre 2024·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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" Voici l’Homme ! "

Solennité du christ-Roi de l'Univers

Lorsque Pilate dit à la foule qu’il ne voit rien en Jésus qui mérite une condamnation, celle-ci réclame qu’il soit tué et qu’on libère Barabbas, un malfaiteur (Jn 18,40). Après avoir fait flageller Jésus, il est à nouveau présenté à la foule, la couronne d’épines sur la tête et habillé avec la pourpre impériale. Pilate, avec son ironie coutumière affirme :
Voici l’homme ! (Jn 19,5)
Pilate présente ainsi le Fils de l’Homme, le Fils du Père, dans la tenue que ses soldats lui ont affublée pour se moquer de lui. Et à côté de Jésus se trouve Barabbas. Son nom se traduit, lui aussi : ‘fils du père’ ; ‘Bar-Abbas’. Les foules, poussées par les chefs religieux, crient à Pilate : nous ne voulons pas du Fils de Dieu, qu’il soit mis à mort. Nous nous contenterons de ce fils à papa, de ce malfaiteur. Jésus est en quelque sorte le bouc émissaire, afin que la vie ordinaire du Peuple continue son petit bonheur de chemin.
Remarquons aussi, tant dans l’Évangile de ce matin que dans l’échange de Pilate avec la foule, combien est grande la différence de ton entre les interlocuteurs de Pilate. Jésus parle posément, affirme qu’il pourrait envoyer ses troupes d’anges pour le sauver, mais qu’il ne le fera pas par obéissance au Père. Les foules crient à qui mieux-mieux qu’il faut enlever cet homme, « l’homme » de cette terre.
Pour nous, en cette fête du Christ-Roi, la liturgie marque bien que Jésus est le Fils du Père, le Seigneur du ciel et de la terre, le Vainqueur du monde. Ce sont les paroles que Jean met dans la bouche de Jésus dans ce dialogue avec Pilate :
Ma royauté ne vient pas de ce monde ;
si ma royauté venait de ce monde,
j'aurais des gardes qui se seraient battus
pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté ne vient pas d'ici.
Jésus, tout au long de sa vie terrestre, n’a fait que révéler à ses disciples, progressivement, qui Il est et d’où Il vient. Chaque fois que Jésus parlait du Royaume des Cieux, de son Père, Il voulait nous dire que le monde tel que nous le connaissons, le monde dans lequel nous vivons, n’est que l’antichambre d’un autre Monde, où nous vivrons pour toujours, sans souffrances, dans le bonheur de la vision face à Face avec Dieu son Père, les anges et tous les saints.
Celui que le peuple Juif a rejeté en demandant la grâce d’un malfaiteur, voici que le texte de l’Apocalypse que nous avons entendu, l’appelle de ces noms prestigieux :
Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts,
le prince des rois de la terre.
Et encore :
l'Alpha et l'Oméga, Celui qui est, qui était et qui vient, 
le Souverain de l’univers.
C’est Jésus-Christ, notre Roi, et nous ne le mettons pas à mort en demandant la libération d’un malfaiteur. Rappelons-nous que Jésus est venu sur terre pour nous sauver du péché et de la mort. Il nous invite à nous reconnaître fils de son Père, fils de Dieu, appelés à Le rejoindre dans le ciel une fois notre pèlerinage terrestre achevé. C’est tout le message des dernières semaines du Temps Ordinaire : nous rappeler que la vie que nous menons dans ce monde est le prélude de la vie dans la gloire du ciel, où vraiment, Jésus-Christ est le Roi que nous adorerons, avec les anges et tous les saints.
En cette eucharistie, demandons à Jésus de nous combler de sa joie et de sa paix, pour avancer confiants dans notre monde tout en sachant que nous sommes attendus dans l’Autre monde.
                                                                 Père Bernard-Marie