Homélie·18 avril 2025·0 vues·0 j'aime·0 favoris
← Retour

Le pardon de nos péchés

Vendredi Saint

La rencontre d’Abraham avec les trois anges, avec Dieu, dans le Livre de la Genèse, est une histoire que l’on connaît bien. Dieu souhaite vérifier si le mal des villes de Sodome et de Gomorrhe est aussi grave que le bruit qui monte jusqu’à son trône céleste. Même si Dieu ne précise pas sa pensée, Abraham comprend, et intercède pour les justes qui sont dans la ville :
Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? 
Ne pardonneras-tu pas à toute la ville à cause des cinquante justes qui s’y trouvent ?
Et le Seigneur répond à Abraham :
Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d’eux je pardonnerai à toute la ville.
Abraham insiste, mais ne descend pas plus bas que dix justes dans la ville. Et le Seigneur répond encore :
Pour dix, je ne détruirai pas. (Gn 18,21…32)
Abraham n’a pas osé aller plus loin. Mais Jésus, lui, est allé plus loin, comme Il nous l’explique dans la parabole de la brebis perdue, qu’il ainsi : (Lc 15,7)
Je vous le dis : 
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
Jésus s’applique à lui-même le questionnement d’Abraham.
Il ose par contre aller jusqu’à la question finale : 
s’il n’y a qu’un seul juste dans la ville, est-ce que tu vas pardonner à la ville à cause de ce seul juste ?
Jésus change radicalement le propos : il n’y a en effet qu’un seul juste, c’est Jésus lui-même. En prenant les choses de cette façon, Jésus demande à Dieu son Père :
Je suis le seul juste sur cette terre. Est-ce que tu vas leur pardonner à cause de moi ?
C’est ainsi que, selon des écrivains spirituels, principalement dans la tradition cistercienne, il est affirmé que, même si chacun de nous vivions seul sur terre, si moi je vivais seul sur terre, Jésus se serait fait homme pour me sauver. Un abbé de Cîteaux du milieu du siècle précédent a pu écrire :
" Dès le premier instant de son Incarnation, Jésus a commencé à me regarder de son regard humain. En effet, dès cet instant, par sa vision béatifique et par sa science, Jésus a connu toutes les générations présentes, passées et futures et il les a aimées. Il a connu et aimé non seulement tous les hommes d’une façon générale, mais chacun d’eux d’une façon personnelle et particulière.
À chaque instant, Jésus voyait mes péchés, mes fautes et mes indélicatesses. Elles l’ont fait souffrir toute sa vie et tout particulièrement durant sa Passion. Jésus a voulu souffrir, par amour pour moi, réparer chacune de mes fautes… et durant ses dernières heures au Calvaire, j’étais là, et chacune de mes fautes venait augmenter sa souffrance." 
(Dom Godefroid Belorgey, Sous le regard de Dieu, p.90-91)
En ce vendredi Saint, avançons avec Jésus et demandons-Lui de pardonner nos fautes pour, le Jour de Pâques, pouvoir jubiler avec Celui qui est ressuscité des morts. Il nous invitera ensuite à l’accompagner dans la gloire. Oui, à cause de Jésus seul, Dieu nous a pardonné tous nos péchés et nous a tous sauvé de la mort éternelle.