La semaine dernière nous entendions le chapitre précédent de l’Évangile selon Saint Jean, avec la profession de foi de l’apôtre Saint Thomas. L’évangéliste terminait ce chapitre par l’affirmation que tout ce que Jésus a fait durant sa vie ne pourrait être écrit. Puis vient le chapitre que nous venons d’entendre : la pêche miraculeuse, le déjeuner au bord du Lac et la triple demande de Jésus à Pierre : « M’aimes-tu ? ».
Saint Jean, par ce dernier chapitre, voulait rappeler que la Bonne Nouvelle n’est pas adressée uniquement au peuple Juif, mais à toutes les nations sur tous les continents. En effet, les 153 poissons signifient les 153 peuples issus de Noé et de sa descendance, selon la tradition des sages du Judaïsme. Ce dernier chapitre rappelle aussi la première pêche miraculeuse, que nous rapportent tous les évangiles. Jésus alors dit à Pierre et aux autres apôtres : suis-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes (Lc 5,4-11).
Revenons à l’évangile de ce matin. Après la pêche, Jésus invite ses disciples à manger du pain et des poissons qu’il a mis à cuire sur un feu de braises. Ce repas impromptu sur les bords du Lac de Galilée est un rappel du dernier repas où Jésus a donné son corps à manger et son sang à boire. Mais les disciples ont encore bien du mal à faire le lien entre tous ces événements. Ils sont encore sous le choc de la fin tragique de leur Maître, de la dispersion des disciples et ils sont revenus à la vie qu’ils menaient avant d’avoir rencontré Jésus.
Très vite le souvenir de tous les repas pris avec Jésus allait devenir le repas de communion entre tous les croyants, tous ceux qui reconnaissent que Jésus-Christ est le Messie, le Fils de Dieu. C’est Celui que Jean a vu au ciel, acclamé par les foules des anges et des saints :
Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange.
Venons-en maintenant à la troisième partie de l’Évangile de ce jour. Il s’agit de la question que Jésus pose par trois fois à Pierre :
Simon, fils de Jonas, est-ce que tu m’aimes ?
Les exégètes ont depuis longtemps démontré que les trois termes que l’on traduit en Français par le même verbe « aimer », vont en progression, pour aller de l’amour servile, à l’amour inconditionnel de Dieu. C’est évidemment ce dernier qui importe à Jésus, et c’est pour celui-ci que Pierre répond péniblement en disant :
Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime.
Cette question, Jésus nous la pose aussi, à chacun de nous, personnellement, tout au long de notre vie, et chaque fois que nous Le rencontrons dans la prière et la liturgie eucharistique.
La dernière partie de l’Évangile de ce matin est un texte fréquemment proposé pour célébrer la mémoire d’un saint pape. Alors que les Cardinaux vont entrer prochainement en Conclave, prions spécialement pour que l’Esprit les éclaire et nous donne le Pape dont l’Église de ce temps a besoin. Pour nourrir notre prière, voici ce qui pourrait être le testament spirituel du Pape François, les mots qu’il prononça lors de sa visite à Marseille :
Nous voulons être des chrétiens
qui rencontrent Dieu par la prière et nos frères par l’amour
des chrétiens qui tressaillent, vibrent, accueillent le feu de l’Esprit
pour se laisser brûler par les questions d’aujourd’hui, par le cri des pauvres,
par les “saintes utopies” de fraternité et de paix, qui attendent d’être réalisées.
Demandons à Dieu, dans cette Eucharistie et durant cette semaine, d’envoyer son Esprit pour que soit Lui qui guide l’Église de Jésus-Christ, pour la plus grande gloire de Dieu et le bien de la terre entière. Demandons également à Dieu de faire de nous des chrétiens priants, rencontrant Dieu et nos frères dans l’amour, cet amour qui vient de Dieu.
Père Bernard-Marie
