(Après la lecture d'un extrait de la Règle de Saint Benoît : le deuxième degré de l'Humilité...)
Le second degré de l’humilité consiste à ne plus faire sa volonté propre. Tel est le sens profond de ce que Saint Benoît nous demande dans cet extrait du chapitre VII de sa Règle. Ce n’est encore « que » le second degré, mais il est essentiel, vital. Si on ne passe pas celui-ci, on a beau faire, les autres ne passeront pas non plus, ou alors on fera « comme si », on jouera au moine humble, saint, et modèle pour les autres.
Jésus, que nous célébrons aujourd'hui dans son Sacré-Cœur, nous a montré le chemin de l’obéissance sans limites. C’est Lui notre modèle, même si seulement les grands saints ont à répondre héroïquement aux appels de Jésus à une telle obéissance. Mais Jésus a voulu montrer, qu’il nous aime jusqu’à en mourir. Il répond ainsi aussi par amour à son Père, en faisant jusqu’au bout Sa volonté. Mais je ne ferai pas ce matin une homélie sur le Sacré-Cœur, je le laisse à toi tout-à-l’heure !
Le troisième degré d’humilité, qui est la suite logique du second, explicite cet amour jusqu’à la mort, en rappelant comment le moine doit renoncer à sa volonté propre : en imitant le Seigneur, dont l’Apôtre dit : Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort. Et comment doit-il renoncer à sa volonté propre ? En se soumettant à un supérieur en toute obéissance ! Et ailleurs, Saint Benoît n’arrête pas de nous rappeler que nous devons vivre en communauté, sous une Règle et un abbé.
Lorsqu’on s’engage dans la vie monastique à ton âge, cher frère Jean-Luc, il y a des points de la Règle de Saint Benoît qui sont plus difficiles à pratiquer que d’autres. Après avoir été ton propre chef, comme curé de paroisse, de plusieurs paroisses, avec toutes les responsabilités et la gestion des personnes, le fait de te retrouver sans aucune responsabilité, comme postulant puis comme novice, ne te fut pas simple.
Ton histoire t’appartient. Tu n’as rien à te reprocher. Dieu écrit droit avec nos lignes courbes. Les circonstances de ta vie ont fait que ce n’est que sur le tard que tu as découvert ta place dans la vie monastique. Pourquoi pas ? À l’heure où d’autres, y compris tes confrères prêtres, songent à prendre une retraite bien méritée, tu choisis de changer de voie et d’entrer dans la vie monastique. Avec l’accord, avec les encouragements même de Mgr Ulrich qui t’a accompagné dans ce changement de vie.
Dans un premier temps, tu avais demandé de faire ton premier engagement au mois de mars. Peut-être que tu étais alors trop sûr de toi, pas du Seigneur. Un petit clash t’a fait douter de toi, pas du Seigneur. Le fait de te reposer les vraies questions permettent d’espérer que maintenant tu fais confiance non pas en toi, mais au Seigneur. Je te souhaite en tout cas de progresser dans l’intimité de Dieu au sein de notre communauté, pour arriver, un jour, au douzième degré d’humilité, à cet amour de Dieu qui, devenu parfait, chasse la crainte. C’est ce que nous te souhaitons en ce jour de ton premier engagement dans la vie monastique. Père Bernard-Marie
