Homélie·30 août 2025·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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L’Église, notre lieu de vie

Solennité de la Dédicace de notre Eglise

(Lectures de la messe : Ez 47,1-2.8-9.12 ; Ap 21,9-12.14.22-24 ; Jn 2,13-22)

Les trois textes que nous avons entendus pour célébrer la dédicace de notre église abbatiale mentionnent un Temple. Même si la nouvelle traduction du prophète Ezéchiel parle de la Maison, il s’agit du Temple de Jérusalem. Mais, tel que le prophète le voit et voit l’eau couler, il s’agit en réalité du Temple du monde à venir.
L’Apocalypse nous présente la nouvelle Jérusalem, en précisant qu’il n’y a pas de Temple dans les cieux. En effet, l’apôtre Jean affirme que Dieu lui-même est le Temple. Il n’y a plus non plus de soleil ni de lune, puisque c’est Dieu qui éclaire la ville de sa lumière.
Enfin, Jésus dans l’Évangile se trouve dans le Temple de Jérusalem, reconstruit après l’Exil et embelli par le roi Hérode. Mais Jésus parle du Temple qui est son corps, le Temple dont nous sommes les membres.
Ces trois ou quatre Temples, que les lectures nous proposent en cette fête de la Dédicace de notre Église, nous pouvons les appliquer à notre église, à notre monastère, à notre communauté, à nous-mêmes.

Il est évident que nous pouvons appliquer à notre église abbatiale les textes bibliques qui décrivent le Temple de Jérusalem, à n’importe quelle époque de son histoire. Le Peuple Hébreu n’avait le droit qu’à un seul Temple, et chacun devait s’y rendre plusieurs fois par an pour servir le Seigneur et offrir des sacrifices. La synagogue permit au peuple de continuer à célébrer le Seigneur une fois le Temple détruit, durant l’Exil et jusqu’à aujourd'hui pour les Juifs disséminés dans le monde entier.
Jésus nous ayant enseigné que, là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis au milieu d’eux, nous n’avons plus besoin d’un unique Temple pour adorer Dieu. Chaque lieu de culte est un temple à taille humaine où Dieu, en Jésus-Christ, est présent.
Notre église abbatiale est le Temple dans lequel nous célébrons le Seigneur jour et nuit. Par ricochet, l’ensemble du monastère est un lieu saint, puisque l’église en est le cœur. L’eau qui jaillit du Temple irrigue l’ensemble du monastère, et descend dans la vallée, pour reprendre la vision du prophète Ezéchiel. Ce n’est pas exagéré de dire que nous croyons que Dieu entend notre prière et, à cause d’elle, Il nous comble de ses dons, qui rejaillissent autour de nous, autour du Mont. Nous ne savons pas comment, mais nous croyons que nos prières et nos supplications ont un effet sur ceux qui nous entourent.
De plus, puisque nous vivons dans ce lieu saint, sanctifié par la prière incessante depuis bientôt 200 ans… Ce ne sont pas seulement les pierres, l’église, le monastère, qui sont sanctifiés, mais nous-mêmes qui reprenons le flambeau de nos prédécesseurs, pour continuer à louer Dieu en sa Demeure.

Nous ne sommes pas plus saints que les moines qui ont vécu ici avant nous. Les derniers Prophètes de l’Ancienne Alliance n’était pas meilleurs que leurs prédécesseurs. Mais grâce à l’expérience des premiers, les derniers ont pu voir de loin la venue du Sauveur. C’est ce qui est figuré par le vitrail l’Arbre de Jessé dans la cathédrale de Chartres. De même, nous profitons des moines nos prédécesseurs qui ont bâti, vécu et sanctifié ce Lieu. À nous d’honorer nos ancêtres en ce lieu et d’être leurs dignes successeurs, je dirais leurs héritiers.
Oui, ce Lieu est Saint, et ce Lieu nous sanctifie. En ce jour de fête, demandons aux moines qui ont persévéré ici jusqu’à leur mort de nous guider dans notre vie quotidienne afin de devenir leurs dignes héritiers. Que la participation à cette Eucharistie nous fasse prendre encore davantage conscience que nous sommes, avec les moines qui nous ont précédés en ce lieu, les pierres vivantes du Temple dont le Christ est la tête. Rendons grâce à Dieu de nous avoir appelés à Le servir en cette église.
                                       Père Bernard-Marie