Deux fêtes au long de l’année se répondent comme en écho. Une troisième en est en quelque l’origine.
La fête de l’Assomption nous fait vivre chaque 15 août l’entrée triomphale de Marie dans les cieux. Les lectures nous donnent à voir les anges en fête qui accueillent Marie et la conduisent jusqu’au trône du Père céleste où elle est couronnée de gloire et peut siéger à côté de son Fils.
Aujourd’hui nous entendons les chœurs des saints, les prophètes, les apôtres, les martyrs, les vierges, les docteurs, les moines et moniales qui se regroupent autour du trône et de l’Agneau et qui chantent sans fin la louange de Dieu. Ils forment
une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer,
de toutes nations, races, peuples et langues.
Marie fait elle aussi partie de cette foule immense, elle qui la première d’entre les saints est entrée aux cieux. Elle a également la première place comme Mère du Fils de Dieu. Pour tous les autres élus, il est difficile de dire qui se trouve aux premiers rangs et qui au dernier. La gloire du ciel, il nous est tellement difficile de l’imaginer. Tous les élus – et qui ne sera pas élu ? – tous seront unis dans la louange de Dieu. Ils ne feront qu’un chœur chantant à l’unisson la gloire de la Trinité.
Même si tous les saints louent la grandeur du Dieu trois fois saint, nous avons bien du mal à nous imaginer ce que sera la vie dans l’au-delà. Difficile de se faire une idée de la vie en présence de Dieu que nous verrons Face à face, en présence de tous les saints.
Jésus, dans l’Évangile de ce jour, nous présente quelques images qui nous donnent une idée de ce que nous vivrons. Alors que les Béatitudes sont l’état des disciples de Jésus sur cette terre, nous les comprenons encore mieux quand nous les entendons en ce jour de la Toussaint.
Deux fois Jésus proclame Le Royaume des cieux est à eux, une fois Ils obtiendront la terre promise, et enfin Leur récompense sera grande dans les cieux.
Difficile dès lors de ne pas imaginer que la récompense pour nos labeurs est la vie éternelle. Et la joie que nous y vivrons ne supporte aucune comparaison avec les joies passagères que nous éprouvons dans notre vie terrestre.
Jésus est descendu du ciel pour nous annoncer cette Bonne Nouvelle que Dieu nous aime et que nous sommes appelés enfants de Dieu, comme le rappelle l’épître de Saint Jean que nous venons d’entendre.
Par sa mort, mais surtout par sa résurrection, Jésus nous a ouvert la voie du ciel. Par sa victoire sur la mort Il nous attire vers lui. La fête de la Toussaint d’aujourd’hui, la célébration de l’Assomption, sont la conséquence de la victoire de Jésus le Jour de Pâques. Trois fêtes, trois victoires, trois entrées dans le ciel.
Jésus d’abord, qui est retourné là où Il était depuis la fondation du monde,
Marie ensuite, la Mère de Dieu, dont le corps ne pouvait pas connaître la corruption du tombeau puisqu’elle est la Mère de Dieu,
et tous les saints enfin, foule innombrable qui ne cesse d’augmenter et d’approcher du Trône de Dieu.
Oui, réjouissons-nous de pouvoir célébrer la Toussaint, réjouissons-nous de croire que nous sommes vraiment appelés à entrer dans la gloire du ciel, à devenir semblables au Christ, à devenir fils avec le Fils. Nous verrons le Fils tel qu’Il est, nous verrons le Père dans sa gloire.
Cette fin glorieuse qui nous attend doit nous donner le courage d’avancer sur notre route humaine, avec ses joies et ses peines. Nous le savons, nous sommes invités à une gloire éternelle.
Que l’Eucharistie de ce jour, qui nous lie entre nous et avec tous les saints, nous donne la force de persévérer là où nous sommes, sachant que Dieu nous attend au ciel et qu’Il nous aime d’un amour sans fin.
Père Bernard-Marie
