Introduction
Chers frères et sœurs,
Cette fête du Christ Roi de l’Univers, n’est pas une simple solennité pour notre communauté. En effet, nous célébrons aujourd'hui le jubilé de 50 ans de profession monastique de quatre de nos frères, à savoir frères Marc-André, Guy, Jacques et Jean-Pierre. Un tel jubilé est déjà rare, même dans nous communautés vieillissantes. Mais que nous en ayons 4 en même temps est encore plus exceptionnel.
Durant cette eucharistie nos frères vont renouveler les vœux prononcés il y a 50 ans et demander la grâce du jubilé. C’est effectivement une grâce de persévérance, de la part des frères, mais aussi, et surtout, de la part du Seigneur envers eux.
Le Christ-Roi de l’Univers, Celui que nous vénérons
Outre la fête du Christ Roi de l’Univers, la célébration de ce jour est enrichie par le jubilé de 50 ans de profession monastique de nos quatre frères Marc-André, Guy, Jacques et Jean-Pierre. Ils ont fait leur premier engagement, il y a 50 ans, avec un cinquième frère, Joël, qui est depuis de nombreuses années auprès du Seigneur. Ce premier engagement avait été célébré très précisément le 30 mars 1975, c'est-à-dire le Jour de Pâques. Et il y avait de la neige ce jour-là. Afin que tous quatre puissent être présents pour la fête, celle-ci a été reportée au Christ-Roi. C’est tout un symbole. Et il y a de la neige ce jour...
Le Christ ressuscité est Celui qui nous a appelés à la vie monastique. La foi en la Résurrection de Jésus motive notre vie, notre vie spirituelle, et nous avons choisi de la vivre dans cette communauté du Mont des Cats. Le Christ-Roi que nous célébrons aujourd'hui est Celui qui reviendra dans la gloire à la fin des temps. C’est Lui que nous servirons éternellement lorsque nous serons réunis à Lui avec tous les saints dans la gloire de Dieu au ciel.
La vie monastique est un perpétuel va-et-vient entre la Passion-Résurrection de Jésus et l’attente de son retour, l’attente de la grande rencontre une fois que notre pèlerinage terrestre sera achevé.
Le Christ en croix est le symbole de toute vie chrétienne. La souffrance, parfois, mais surtout les bras ouverts sur le monde, les pieds bien sur terre et la tête dans les cieux. En cette fête du Christ-Roi nous regardons effectivement le Christ dans la gloire céleste, comme notre attente. Mais aussi longtemps que dure notre pèlerinage terrestre, gardons les pieds sur terre et les bras ouverts.
Célébrer un jubilé de profession, en célébrer même quatre en même temps, ne signifie pas que je doive faire un panégyrique de ce que chacun de vous avez fait durant ces cinquante années. Mais je m’y risque quand même brièvement pour mieux vous situer, et rendre grâces à Dieu pour votre persévérance.
Chacun de vous quatre, chers frères vous avez servi notre communauté et l’Ordre de manières très variées. Quoique… trois d’entre vous avez été aumôniers, soit en nos maisons-filles de Belval et de La Fille-Dieu, soit à Vitorchiano pour Jacques. Deux d’entre vous avez été abbé ici même un peu moins de dix ans. Marc-André a également été Prieur en notre maison-fille de Maromby à Madagascar, un peu plus de dix ans. Mais n’oublions pas frère Guy. Il n’a pas voyagé très loin, mais pendant de longues années il faisait des tournées de vente de fromage sillonnant, deux fois par semaine, une bonne partie de département du Nord et un peu le Pas de Calais.
Trois d’entre vous êtes rentrés au bercail, si j’ose dire, mais les tâches ne manquent pas que vous accomplissez encore avec ardeur et bonne humeur, malgré le poids de l’âge. Seul Jacques n’a pas encore décidé de rentrer à la maison, sachant que les sœurs de Vitorchiano apprécient leur aumônier.
Après 50 ans de bons et loyaux services, vos santés ne sont plus ce qu’elles furent. Mais votre esprit étant toujours vaillant, vous pouvez encore rendre de bons services là où la Providence ou vos supérieurs vous ont appelés.
Avec nos jubilaires, nous pouvons entendre, pour eux mais aussi pour nous, ce que Saint Paul nous a rappelé dans la seconde lecture :
Rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière.
Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé.
Le Christ nous a rachetés, pour faire de nous ses héritiers et nous introduire avec lui dans la gloire céleste. Avec humilité, adressons-nous à Jésus avec les paroles du bon larron :
Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne.
afin qu’Il puisse nous répondre :
aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis !
En cette eucharistie de fête et de jubilé, demandons à Dieu le Père, par son Fils et dans l’Esprit, que ces paroles deviennent réalité pour nous au jour de notre mort.
Père Berard-Marie
