Homélie·19 juillet 2026·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Le Royaume de Dieu est comme…

Seizième Dimanche du Temps, 2026

L’Évangile de ce matin nous propose des paraboles où Jésus essaye d’expliquer à ses disciples ce qu’est le Royaume des Cieux.  La parabole la plus développée est celle du champ de blé où l’ennemi sème de l’ivraie.  Mais regardons plutôt les deux petites paraboles qui sont insérées entre la grande parabole et l’explication que Jésus en donne à ses disciples. 

 

La graine de moutarde, nous dit Jésus, est la plus petite des graines.  Mais elle donne la plus grande des plantes potagères.  Le levain est une partie infime que l’on mélange dans la pâte, et toute la pâte lève, toute la pâte devient levain. 

 

Telle est la comparaison avec le Royaume de Dieu.  Parti d’une toute petite chose, il doit envahir le monde entier.  L’histoire de l’Église a d’abord progressé doucement, discrètement, sans faire trop de vagues.  Elle fut persécutée pendant les premiers siècles de son existence, avant d’obtenir droit de cité et d’avoir pignon sur rue.  Durant de longs siècles, l’Église a géré à la fois le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, ce qui a conduit à des abus de toutes sortes.  Les contrepouvoirs ont, à plusieurs reprises et dans nombre de pays, à diverses époques, persécuté l’Église.  Ne pouvant répondre que par la Bonne Nouvelle de la paix et de l’amour, elle est devenue très discrète, parfois trop discrète. 

 

Nous sommes aujourd'hui dans une situation tout à fait différente, et les deux images que Jésus utilise dans l’Évangile de ce matin correspondent bien à l’état de l’Église en nos contrées.  L’Église est discrète aujourd'hui, petite, et elle a du mal à donner une parole d’autorité dans un monde de plus en plus divisé. 

 

Mais ne baissons pas les bras… Dieu ne nous laisse pas tomber.  C’est pourquoi Jésus insiste aujourd'hui, en nous disant que le peu de levain peut faire des merveilles, la plus petite semence peut devenir un grand arbre.  Le temps de l’Église aujourd'hui n’est pas de briller et d’imposer la loi d’amour au monde entier.  Le temps de l’Église est de vivre discrètement, au quotidien, et d’insuffler auprès de nos proches cet amour de Dieu qui va transformer, de l’intérieur, le cœur des hommes et le cœur du monde. 

 

C’est ce qui est demandé à Dieu dans la prière sur les laïcs dans le monde, que nous avons utilisée dernièrement pour notre messe votive pour les vocations.  Car oui, vivre chrétiennement dans le monde est aussi une vocation.  Voici ce que nous demandons à Dieu :

    Tu as voulu, Seigneur, que la puissance de l'Évangile

travaille le monde à la manière d'un ferment ;

Veille sur tous ceux qui ont à répondre à leur vocation chrétienne

au milieu des occupations de ce monde :

qu'ils cherchent toujours l'Esprit du Christ,

pour qu'en accomplissant leurs tâches d'hommes

ils travaillent à l'avènement de ton Règne.

 

Nous demandons à Dieu de demeurer petits, le ferment, le levain dans la pâte.  Non pas pour faire de grandes choses, mais pour transformer, petit à petit, à notre petite mesure humaine, le monde qui nous entoure.  L’Église aujourd'hui, dans nos pays, n’est plus le maître à penser de la société.  Elle est plutôt méprisée, rejetée. 

 

Ne nous décourageons pas… croyons que Dieu attend de nous que nous soyons le levain dans la pâte, la petite graine de moutarde.  Et, avec nous, avec nous faibles moyens, Dieu fera des merveilles.  C’est pourquoi nous demandions à Dieu dans la prière d’ouverture de cette eucharistie :

Tu protèges, Seigneur, ceux qui comptent sur toi ;

sans toi rien n'est fort et rien n'est saint :

Multiplie pour nous tes gestes de miséricorde

afin que, sous ta conduite,

en faisant un bon usage des biens qui passent,

nous puissions déjà nous attacher à ceux qui demeurent.

 

Jésus nous donnera la force par le sacrement de son Corps et de son Sang que nous partagerons maintenant.  Il est le maitre de la vie et de l’histoire, Il sait ce dont nous avons besoin et ce dont le monde a besoin.  Avec confiance, avançons sur le chemin de l’humilité à la suite de Jésus lui-même.  Il a vaincu la mort, ils nous accomagnera sur notre route.

 

Père Bernard-Marie