Homélie·15 août 2026·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Marie, Vierge Immaculée, Mère de Dieu

Très vite après la mort de Maire, les disciples et la première communauté chrétienne se posèrent des questions sur la personnalité de la Mère de Jésus.  Qui avait-elle été précisément, et comment Dieu l’avait-il choisie pour devenir la mère de Jésus.  Ensuite, puisque Jésus est ressuscité et monté au ciel, qu’en est-il de Marie ?  Pouvait-elle mourir et subir la corruption de la mort, comme c’est le lot de chacun de nous ?  N’était-il pas concevable que Jésus lui fasse déjà profiter de la vie éternelle dans la gloire du ciel avec Lui, sitôt après sa mort, avec son corps comme Jésus ? 

 

Ce débat a occupé les théologiens pendant des siècles, avant que les papes ne proclament que Marie a été conçue sans péché, le dogme de l’Immaculée Conception en 1854, et qu’elle est au ciel avec son âme et son corps, le dogme de l’Assomption en 1950.  La dévotion mariale a très vite exprimé une prédilection pour connaître les grâces particulières que Marie reçut pour être digne de porter en son sein le Fils de Dieu.  Ensuite, au long des siècles, les foules ont voulu donner des titres de gloire à Marie, en l’honneur de sa maternité divine, en l’honneur de son Fils qu’elle a nourri de son sein, à qui elle a appris à prier.  Mais n’oublions pas dans ce rôle la place de Joseph, époux de Marie et père nourricier de Jésus.  Marie et Joseph ensemble ont porté dans leur cœur la grâce et les soucis de cet enfant peu ordinaire. 

 

Puisons dans la tradition cistercienne pour voir comment Marie eut droit, progressivement, au titre de patronne de l’Ordre Cistercien et de toutes les communautés monastiques fondées depuis l’époque de Saint Bernard.  Reconnaissons que notre Père Saint Bernard est celui qui a le plus décrit sa propre dévotion dans des œuvres que nous lisons et méditons encore aujourd'hui. 

 

En particulier, écoutons comment Saint Bernard décrivait le rôle de Marie pour nous conduire vers son Fils, dans le sermon dit de « L’Aqueduc ».  

Vénérons Marie de toutes les fibres de notre cœur, de tout notre pouvoir d'aimer et de tous nos vœux. Telle est la volonté de celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie. C'est sa volonté, dis-je, mais il le veut dans notre intérêt. En toute occasion et de toute manière, Marie vient en aide à nos misères, apaise nos tremblements, stimule notre foi, conforte notre espérance, écarte nos défiances et remédie à notre lâcheté…

Nous devons tout mettre en œuvre pour que la Parole sortie de la bouche du Père et venue jusqu'à nous par la médiation de la Vierge ne s'en retourne pas à vide ; par cette même médiation, il nous faut rendre grâce pour grâce. Tant que nous ne pouvons que désirer la présence de Dieu, célébrons sans cesse sa mémoire ; et que les flots de la grâce remontent à leur source première pour en revenir plus abondants encore.  (Aqueduc 7 et 13)

 

Marie étant déjà au ciel avec Jésus et tous les anges, la liturgie lui applique le texte de l’Apocalypse que nous avons entendu en première lecture.  La femme vêtue du soleil et couronnée de douze étoiles est bien la Vierge Marie dans toute sa gloire.  L’enfant mâle qu’elle enfante représenterait le Christ qui doit naître en chacun de nous et nous faire grandir spirituellement pour entrer à notre tour dans la gloire du ciel. 

 

Mais la Vierge vêtue de soleil représente aussi allégoriquement l’Église qui reçoit en elle tous les croyants dans la gloire du ciel, une fois notre pèlerinage terrestre terminé.  La résurrection du Christ fut le premier pas vers la résurrection de nous tous et notre retour au ciel avec tous les saints.  Marie fut la première à avoir ce privilège, d’entrer dès sa mort terrestre dans le ciel avec son âme et son corps. 

 

C’est pourquoi nous entendions dans la seconde lecture Saint Paul nous dire :

    de même que tous les hommes meurent en Adam,

de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang :

en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent.

 

Et, bien sûr, Marie sa Mère se trouve au premier rang, avant tous les autres.  Il nous suffit de suivre Jésus et Marie, de suivre les exemples de leur vie terrestre, pour accéder un jour à la vie céleste. 

 

C’est pourquoi, demandons à Marie, Reine du Ciel, et à son Fils Jésus-Christ, de nous combler de la joie dans la foi de notre propre résurrection.  Nous pourrons alors, partager le festin des noces éternelles, dont le repas eucharistique nous donne un maigre avant-goût.  Oui, le Christ est ressuscité, oui, Jésus a pris auprès de Lui sa Mère la Vierge Marie Immaculée avec son âme et son corps.  Rendons gloire à Dieu. 

 Père Bernard-Marie