Homélie·19 mars 2026·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Saint Joseph 2026

Solennité

Par deux fois, dans son Évangile, Saint Luc nous rapporte que Joseph et Marie se rendent avec l’enfant Jésus au Temple. La première fois, c’est pour consacrer au Seigneur leur premier-né, en offrant un couple de tourterelles ou deux petites colombes (Lc 2,22-40). Cette séquence se termine par la phrase passe-partout :
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.
Puis vient l’Évangile que nous venons d’entendre : lorsque Jésus eut douze ans, ses parents le conduisirent au Temple pour célébrer son entrée dans l’âge adulte. De par sa relation privilégiée avec Dieu son Père, le jeune Jésus voulait en savoir plus sur la Loi et les Prophètes. C’est ainsi que la discussion se prolongea avec les docteurs de la Loi, stupéfaits de ses connaissances et des questions qu’il leur posait.
Et le dernier verset de ce chapitre de Saint Luc, qui n’a pas été repris dans la péricope de ce jour, affirme :
Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce,
devant Dieu et devant les hommes.
Dans ces deux confrontations de Jésus au Temple, Joseph et Marie sont ensemble, Marie est toute étonnée de ce qu’elle voit et entend, tandis que Joseph ne dit rien. Il est certainement tout aussi étonné, et se pose autant de questions que son épouse. Comment en serait-il autrement ? Marie posait la question à Jésus :
Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi !
Il est clair que les parents de Jésus ne comprennent pas ce qui se passe, et comment Jésus grandit aussi vite en sagesse, au point de poser des questions aux docteurs de la Loi. Joseph et Marie savaient depuis les Annonciations, que Jésus serait différent, et ils firent de leur mieux pour initier Jésus à la vie dans le monde tout autant qu’à la vie de prière. Non seulement ils allaient chaque année à Jérusalem pour les fêtes, mais ils fréquentaient aussi la synagogue de Nazareth comme Juifs pratiquants.
Nous pensons souvent aux douleurs de la Vierge Marie, et nous commémorons plusieurs fois ses souffrances durant l’année liturgique. Il ne faut pas oublier pourtant que Joseph aussi souffrit, qu’il souffrit avec Marie et pour Marie. Ils souffrirent ensemble, à cause du mystère de leur fils lorsqu’ils ne comprenaient pas ses actes, ses paroles, sa vie publique, sa mort en croix. Personne ne sait exactement quand Saint Joseph mourut. On peut penser qu’il fut témoin de la vie publique de Jésus, tout en demeurant à Nazareth où il gagnait sa vie comme charpentier du village.
Pour Saint Joseph, nous avons désormais deux fêtes. La première est la solennité de ce jour, la seconde est la mémoire du 1er mai, pour mettre en honneur le fait qu’il travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille. Travailleur modeste, travail simple, mais nécessitant tout de même la technicité et les compétences.
Nombre de moines, même d’abbés cisterciens et bénédictins, ont eu une dévotion particulière pour Saint Joseph. Ainsi dans notre communauté : le 19 mars 1923, par un vote du chapitre conventuel, Saint Joseph était élu archi-abbé de Sainte Marie du Mont. L’abbaye à cette époque était en plein travaux de reconstruction des dégâts de la première guerre mondiale, l’église abbatiale étant encore en ruines.
Saint Joseph ne nous a jamais abandonné depuis, et nous a même béni de nombreuses vocations après la seconde guerre mondiale. En cette fête de Saint Joseph, en cette année jubilaire de notre fondation, demandons-lui de nous bénir de ses grâces et d’intercéder auprès de son Fils pour qu’Il nous bénisse également.
Rendons grâces, durant cette Eucharistie, pour tous les dons reçus et faisons confiance que Saint Joseph et Dieu ne nous abandonneront pas.