Pardonne à ton prochain, et tes péchés te sert remis.
24° Dimanche du Temps
Jésus nous a enseigné, tout au long de sa vie, comment il nous faut pardonner pour être pardonné. C’est ce que la parabole que nous venons d’entendre, nous rappelle. Le texte de l’Ecclésiastique entendu dans la première lecture, dit tout à fait la même chose. Les Prophètes et les Sages de l’Ancien Testament ont fait évoluer la réflexion, la conscience du peuple, pour qu’il devienne vraiment un Peuple élu de Dieu, le Peuple Saint. Ainsi le proclame Jérémie :
Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur.
Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. (Jr 31,29-30.31.33)
Mais il y avait fort à faire, lorsque nous nous souvenons des passages terribles de la Loi de Moïse :
Fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent. Tel le dommage que l’on inflige à un homme, tel celui que l’on subit (Lv 24,20 ; Ex 21,24 ; Dt 19,21 etc)
Devant autant d’avis différents dans la grande tradition biblique que Pierre connaissait, on peut comprendre qu’il pose un jour la question à Jésus :
Combien de fois dois-je pardonner ? Jusqu'à sept fois ?
À quoi Jésus répond : jusqu'à soixante-dix fois sept fois. Ce qui signifie, concrètement, lorsqu’on pardonne, il faut pardonner de manière définitive et irréversible. C’est aussi ce que Jésus nous a enseigné dans la prière du Notre Père.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé.
Nous savons que cette demande que nous adressons à Dieu de nombreuses fois chaque jour, n’est pas aussi facile à appliquer que nous l’imaginons. Car notre cœur est lourd, et le pardon difficile. Surtout lorsqu’il s’agit de pardonner à ceux avec qui nous vivons à longueur de jours et d’années. Que ce soit en famille ou dans nos communautés de vie, dans nos communautés monastiques.
La Règle de Saint Benoît, que les communautés monastiques suivent toujours, insiste sur le pardon, je dirais presque à temps et à contretemps. Ainsi, au chapitre 4 « Des instruments pour bien agir », Saint Benoît met les uns après les autres les interdits suivants :
Ne pas agir sous le coup de la colère.
Ne pas ruminer la vengeance.
Ne pas méditer la ruse.
Ne pas rendre le mal pour le mal.
Ne pas commettre d’injustice, mais supporter patiemment celle qu’on nous fait.
Et, pour terminer cette litanie négative, cet « ordre » positif mais tellement difficile à appliquer au quotidien :
Aimer nos ennemis.
C’est pourquoi nous avons entendu en première lecture tirée du Livre du Siracide :
Rancune et colère, voilà des choses abominables…
Pense aux commandements
et ne garde pas de rancune envers le prochain,
Si nous agissons ainsi, Dieu viendra à notre secours, comme nous l’avons chanté dans le Psaume :
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Car il pardonne toutes tes offenses
il met loin de nous nos péchés ;
Demandons à Jésus en cette Eucharistie d’être en mesure de pardonner jusqu'à soixante-dix fois sept fois, et de progresser toujours davantage dans l’amour de Dieu et de notre prochain, le prochain étant celui avec qui nous vivons, avec qui nous travaillons, que nous pouvons rencontrer ici ou là. Tous nous sommes enfants de Dieu et, comme Dieu, nous sommes invités à pardonner.
Père Bernard-Marie

















